
Le profil des personnes chargées de cours à l’Université du Québec en Outaouais a connu une transformation rapide au cours des dernières années. En trois ans, leur nombre a augmenté de plus de 200, signe d’un changement structurel dans l’organisation de l’enseignement universitaire. Désormais, il y a 940 personnes chargées de cours à l’UQO.
Cette évolution est particulièrement visible dans la répartition des tâches d’enseignement. Les chargées et chargés de cours assurent désormais 69 % des cours de premier cycle, 53 % des cours de deuxième cycle et 24 % des cours de troisième cycle. L’idée que les personnes chargées de cours n’offrent que des cours professionnalisant est révolue depuis longtemps. Elles sont désormais au cœur même de la mission d’enseignement, y compris aux cycles supérieurs.
Par ailleurs, environ 20 % des personnes chargées de cours détiennent un doctorat. Cette donnée témoigne d’un niveau élevé de qualification et d’un profil de plus en plus proche de celui du corps professoral.
Dans ce contexte, la question de la reconnaissance de la recherche et de la création devient incontournable. Il apparaît de plus en plus difficile de justifier l’exclusion des chargées et chargés de cours de la recherche, alors même qu’une proportion significative possède les compétences pour y contribuer activement.
Les revendications portées depuis plusieurs années prennent ainsi une nouvelle portée. Parmi celles-ci, l’accès à des fonds de recherche dédiés demeure central. Une telle mesure permettrait de valoriser un potentiel largement sous-exploité et de soutenir des projets souvent ancrés dans les réalités de terrain.
Bien que les personnes chargées de cours soient majoritaires dans l’offre de cours de deuxième cycle à l’UQO, ces personnes sont en grande partie exclues de la direction des mémoires et des thèses ainsi que de leur évaluation. Encore une fois, l’UQO se prive de ressources importantes! Quel gâchis!
Enfin, la participation aux instances de recherche et de création représente une dimension essentielle de cette reconnaissance. Une plus grande intégration institutionnelle permettrait de mieux arrimer les différentes missions universitaires.
L’évolution de la profession de chargé de cours à l’UQO met en lumière une contradiction croissante : celle d’un groupe qui assure une part majoritaire de l’enseignement tout en demeurant exclu de la mission de recherche et de création. À mesure que leur profil se transforme, les demandes de reconnaissance apparaissent non seulement légitimes, mais difficilement contournables.
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