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La fondation du SCCC-UQO

C’est le 21 mai 1993 que l’accréditation syndicale a été obtenue. Cependant, cette syndicalisation a été complexe à mener. Comment faire signer des cartes de membres à environ 400 travailleuses et travailleurs à forfait qui, pour la plupart, ne se déplacent à l’UQAH que pour offrir leur prestation? De surcroît, une partie importante des personnes chargées de cours habitaient à l’extérieur de l’Outaouais.

C’est avec une très grande détermination qu’un petit groupe de jeunes chargés de cours s’est lancé dans l’aventure. Nous pouvons présenter ceux qui sont considérés comme les membres fondateurs du syndicat.

Marc Sarazin était à l’époque un organisateur communautaire de 32 ans. Il était aussi étudiant à la maîtrise en travail social à l’Université Laval. Il deviendra par la suite le tout premier vice-président à la Convention collective du SCCC-UQAH et allait faire partie de plusieurs comités de négociation. Son implication au Syndicat sera constante jusqu’à sa retraite en janvier 2018. Son engagement a dépassé son implication au SCCC-UQO. Il a notamment été président de son syndicat au CLSC et a été candidat pour Québec Solidaire dans la circonscription de Papineau en 2014.

Michel Hébert était employé du ministère du Travail du Canada. Il détenait une maîtrise en relations industrielles à l’Université de Montréal. Il a été le premier président du Syndicat. L’année suivante, il a décidé de ne pas se représenter, car il considérait que sa présence nuisait à la négociation. Il est resté au Comité exécutif jusqu’en 1999 et a continué par la suite à faire partie du Conseil syndical. En 2018, il était toujours un membre actif du SCCC-UQO et avait fait partie du Comité de mobilisation de la septième Convention collective en 2017-2018. Il a pris ensuite sa retraite en mai 2018. Selon Johanne Martin Godbout, « Michel était la cheville ouvrière de la syndicalisation. On lui doit le syndicat à vrai dire. Il travaillait comme un moine9 ». Il a aussi joué un rôle majeur dans la création du journal Le Papier.

Renaud Paquet a été socialisé tôt au syndicalisme. Son père avait été président d’un syndicat de mineurs de l’amiante pour la CSN et avait participé à plusieurs mouvements de grève. Renaud Paquet était employé du ministère du Travail du Canada. Il avait fait la grève de 1991 avec Michel Hébert au gouvernement fédéral. Il avait aussi été président national de la Section emploi et immigration de l’Alliance de la fonction publique du Canada qui comptait, à l’époque, 23 000 syndiqués. Par ailleurs, il étudiait au doctorat en relations industrielles à l’Université de Montréal. Il a quitté le SCCC-UQAH dès 1993, car il a été recruté comme professeur dans la même université. Il a ensuite été vice-président de la Commission des relations de travail de la fonction publique fédérale.

Denis Marcoux était électricien-frigoriste de formation et était, en 1992, président du Syndicat des cols bleus de la ville de Gatineau (CSN). D’ailleurs, il a été recruté comme chargé de cours à l’UQAH au Département de relations industrielles pour cette raison. Il connaissait bien un professeur du département, Reynald Bourque, qui avait été auparavant conseiller syndical dans sa fédération. Comme il avait fait un premier bac en administration ainsi que des études en relations industrielles à l’UQAH, il connaissait bien les profs à l’époque. Par la suite, il a fait une maîtrise en gestion des ressources humaines aux HEC. Après la campagne de syndicalisation, il a quitté le SCCC-UQAH, car il avait été élu dans les instances de la Fédération des employées et employés du secteur public (FEESP-CSN) en 1993 et travaillait à Montréal. Il allait devenir le président de cette fédération en 2009, poste qu’il allait occuper jusqu’à sa retraite en 2018.

Ce texte est tiré de l’ouvrage Serons-nous radicaux ou conciliants? Histoire du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQO. Les dessins sont de Réal Godbout, chargé de cours à la retraite.