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Un climat malsain s’installe à l’École des arts et cultures (ÉdAC) de l’UQO. Sous couvert de modernisation, l’École s’est attaquée aux exigences de qualification à l’enseignement (EQE) afin de déqualifier plusieurs collègues. Or, derrière ce discours de renouvellement, plusieurs signes laissent croire à une entreprise de mise à l’écart progressive d’un corps enseignant expérimenté, pourtant au cœur de la réputation et du développement de l’UQO.

D’abord, les changements aux descriptions de cours annoncés se prétendent structurants. Pourtant, lorsqu’on examine leur contenu, la portée réelle apparaît limitée. Les objectifs généraux demeurent largement inchangés, les compétences visées sont reformulées sans transformation substantielle, et les contenus pédagogiques restent, pour l’essentiel, dans la continuité des pratiques existantes. Cette apparente réforme relève davantage d’un travail cosmétique que d’une véritable refonte du programme. Le décalage entre le discours de l’École et la réalité laisse le Syndicat pantois.

C’est toutefois du côté des EQE que les conséquences se font le plus durement sentir. En modifiant les critères de qualification, l’ÉdAC redéfinit implicitement qui peut, et qui ne peut plus, enseigner. Plusieurs chargées et chargés de cours, forts d’une longue expérience professionnelle et pédagogique, voient leur expertise soudainement remise en question. 

Face à cette situation, la réaction syndicale ne s’est pas fait attendre. Le dépôt de griefs est imminent, signe que les enjeux dépassent largement le cadre administratif pour toucher aux conditions de travail, à la reconnaissance professionnelle et à l’équité dans l’accès à l’enseignement. Le recours à ces mécanismes témoigne d’un climat de relations de travail qui se détériore, alors même que la collaboration devrait être privilégiée dans un contexte de transformation universitaire. Rappelons que la stabilité de l’emploi est un enjeu majeur de la négociation actuelle. Pendant ce temps, des départements considèrent les personnes chargées de cours comme des outils jetables. 

Cette situation rappelle, à plusieurs égards, les stratégies déjà observées au département d’administration lors de la réforme du DESS en finance. À l’époque, des modifications présentées comme nécessaires avaient conduit à des effets comparables : redéfinition des critères, marginalisation de certains profils, etc. Le parallèle n’est pas anodin et soulève une question plus large : assiste-t-on à une tendance structurelle à l’UQO? Quelle est la responsabilité de la haute direction dans ces attaques contre les personnes chargées de cours?

Au final, le paradoxe est frappant. Des changements peu substantiels sur le plan pédagogique entraînent des conséquences majeures sur le plan humain. En s’attaquant à celles et ceux qui ont contribué à bâtir sa crédibilité, l’ÉdAC prend le risque d’affaiblir ce qui faisait sa force.