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En 2018, les tutrices et tuteurs de la TÉLUQ ont mené la plus longue grève en éducation de l’histoire du Canada. En effet, les emplois étaient menacés, notamment par le recours à la sous-traitance et la création d’une nouvelle catégorie d’emplois. Avec détermination, les personnes tutrices ont mené la lutte pour préserver les emplois.

Or, nous apprenions que leurs emplois sont de nouveau menacés. Cette fois, ce sont des robots conversationnels qui seraient amenés à gruger des tâches appartenant au corps enseignant. En effet, dans le cadre d’un projet pilote, un robot répondra aux questions des étudiantes et des étudiants en temps réel, jour et nuit, y compris la fin de semaine. Un autre projet pilote amène l’intelligence artificielle à générer des exercices et autres examens formatifs.

Image créée par l’IA

Le Syndicat des tutrices et tuteurs de la TÉLUQ (STTTU) est déjà engagé dans la lutte. La question de la protection des emplois est au centre de ses préoccupations. Néanmoins, la qualité des enseignements est également un argument pour placer l’empathie humaine au centre de la relation pédagogique. 

Nous sommes entièrement solidaires des tutrices et tuteurs! Par ailleurs, le Conseil fédéral de la FNEEQ-CSN, fédération à laquelle le SCCC-UQO est affilié, a adopté une résolution le 1er février 2024 :  

  • Que le conseil fédéral dénonce la décision de l’Université TELUQ de recourir à des robots conversationnels (IA) dans le cadre d’un projet pilote qui vise à procurer une aide pédagogique aux étudiant.es ainsi que le recours accru à l’utilisation de l’automatisation des évaluations.
  • Que le conseil fédéral dénonce que cette décision ait été prise sans consulter le Syndicat et qu’elle a le potentiel de menacer la tâche enseignante des tutrices et des tuteurs.
  • Que le conseil fédéral appuie le Syndicat des tutrices et tuteurs de la TELUQ dans ses actions pour la défense de l’intégrité de la tâche enseignante et pour contrer la précarité.

Et à l’UQO?

Pour l’instant, il ne semblerait pas que l’Université du Québec en Outaouais (UQO) souhaite adopter cette voie. La direction actuelle de l’UQO préconise une relation pédagogique de proximité avec des enseignements principalement en salle de classe. Les cours autoportants sont marginaux et ne devraient pas se développer dans les prochaines années.

Toutefois, l’augmentation de la concurrence des universités fait en sorte que les décisions prises à la TÉLUQ puissent faire école ailleurs. Nous devons donc rester extrêmement vigilants. Si les luttes syndicales ont repoussé le recours à la sous-traitance dans les universités, nous croyons que ces mêmes luttes pourront endiguer le recours déraisonnable à l’intelligence artificielle dans les relations pédagogiques.

Nicolas Harvey
Vice-président aux communications