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Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQO

Un service public de qualité, une proximité avec notre milieu, une collégialité inclusive : notre université du futur

Mémoire soumis au scientifique en chef du Québec

Consultation sur l’université québécoise du futur

Octobre 2020

Le scientifique en chef du Québec a amorcé une consultation sur un document de réflexion intitulé « L’Université québécoise du futur ». Ce document a été produit le 15 septembre 2020. Il compte 108 pages et  a été conçu à la suite d’une consultation à l’intérieur d’un comité composé de 16 personnes. Sylvain Marois, ancien vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), y représentait les personnes chargées de cours.

Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQO (SCCC-UQO) a été fondé en 1992 et a été accrédité en 1993. Avec près de 700 membres, il est le syndicat le plus représentatif de l’UQO. En plus d’offrir près de 70 % des cours de premier cycle, les personnes chargées de cours offrent près de 30 % des cours de deuxième cycle et 10 % des cours de troisième cycle. Malgré leur place importante, ils constituent une population invisible et mal reconnue.

Cette consultation est la plus importante sur l’éducation et l’enseignement supérieur depuis près de 25 ans. En insistant sur les évolutions des trente dernières années, le document est riche d’informations et de statistiques. Ce rapport est aussi l’occasion de définir les défis de l’université : pandémie, préoccupations écologiques, diversités, financements, etc. Enfin, ce sont dix blocs de recommandations qui sont proposés.

Les principes de l’université québécoise sont plus anciens et émanent essentiellement des années 1960 avec :

  • La création de l’Université du Québec
  • L’intégration des universités à charte dans des lois de l’Assemblée nationale
  • La création du Conseil des universités

Le document propose ainsi des pistes de réflexion afin de moderniser ce secteur. Nous pouvons toutefois constater que les propositions ne sont pas révolutionnaires. Elles ne remettent pas en question le mode de financement, la gouvernance, la reddition de compte et la collégialité des universités.

Les rédacteurs ont inclus la mention des personnes chargées de cours dans le rapport. C’est un point positif, car ces dernières sont souvent invisibles dans le monde universitaire. Toutefois, l’intégration des personnes chargées de cours n’est pas présente dans les recommandations. Le rapport traite d’ailleurs peu de la gouvernance des universités dominée actuellement par les cadres et le corps professoral. L’exclusion des personnes chargées de cours, étudiantes et employées de soutien n’est pas abordée.

Considérant le format de la consultation, le SCCC-UQO commentera certaines recommandations dans l’ordre proposé par le scientifique en chef.

Recommandation 1 : Ressources financières des universités québécoises

Les universités en région sont actuellement défavorisées par la formule de financement. D’une part, leurs programmes comptent un nombre moins élevé d’étudiantes et d’étudiants. D’autre part, ces universités incluent davantage d’étudiantes et d’étudiants à temps partiel, ce qui amène des coûts supplémentaires. Par ailleurs, ces petites universités peuvent moins compter sur la philanthropie, qui est une forme de subvention aux universités les mieux dotées par le biais des crédits d’impôt. Ainsi, nous proposons que le mode de financement soit revu entièrement et dans une optique de service public. De plus, ce mode de financement devrait faire en sorte que la concurrence entre les universités diminue. Nous pourrions envisager une certaine péréquation quant à la philanthropie.

Recommandation 2 : Composition représentative des corps professoraux et des autres corps d’emploi des universités

Actuellement, la cooptation des professeures et des professeurs est un frein à l’établissement d’un corps professoral représentatif. Notons également que, actuellement, les chargées et chargés de cours sont plus représentatifs de la diversité québécoise que le corps professoral, autant du point de vue du genre que de l’origine. Pour améliorer la situation, des politiques de discrimination positive pourraient se mettre en place. De plus, lorsqu’un poste de professeure ou de professeur s’ouvre, une priorité pourrait être donnée à la titularisation d’une personne chargée de cours.

Recommandation 3 : Reconnaissance de l’institution universitaire

L’autonomie institutionnelle est souvent synonyme d’arbitraire envers les personnes chargées de cours. Dans une université, chaque département interprète à sa façon ce qu’est la liberté académique. Cette manière de faire est d’autant plus problématique que les personnes chargées de cours sont généralement exclues de la collégialité. Il semblerait préférable de dissocier la liberté académique de l’autonomie institutionnelle.

Recommandation 4 : Information relative aux différentes dimensions de l’activité universitaire

Nous accueillons favorablement cette proposition. Le monde universitaire comporte plusieurs angles morts. Nous croyons que nous pouvons mettre la lumière sur l’étendue du travail des personnes chargées de cours, notamment sur leur contribution à la recherche et à la création.

Recommandation 6 : Réussite des collaborations et des synergies à l’intérieur de l’ordre universitaire

L’invisibilité des personnes chargées de cours à l’intérieur des instances universitaires pose problème. Ils forment pourtant le corps de métier le plus important. L’Université québécoise du futur devrait se questionner sur les privilèges du corps professoral et tenter de développer une collégialité plus inclusive. Actuellement, les Assemblées départementales ignorent les personnes chargées de cours, étudiantes et employées de soutien. En ce sens, une révision de la Loi sur l’Université du Québec serait à privilégier.

Recommandation 7 : Augmentation de la fréquentation scolaire aux trois cycles

Le financement des universités désavantage les petites universités. Ainsi, la population des régions n’a pas accès à tous les programmes, ce qui contribue à l’exode vers les grandes villes et vers l’Ontario. Le financement des universités devrait être revu afin de développer des programmes universitaires en région. Bref, l’équité interrégionale devrait devenir une priorité au Québec.

Recommandation 8 : Accroissement de la réussite scolaire et de la diplomation aux trois cycles

La taille des groupes est un des principaux facteurs d’échec des étudiantes et des étudiants de première année. Pourtant, ce sont eux qui auraient besoin davantage d’encadrement. Le fossé entre la dernière année du cégep et la première année universitaire est énorme. L’amphithéâtre physique ou virtuel n’est pas non plus adéquat pour accompagner une population étudiante diversifiée. C’est un enseignement plus individualisé qui permettra d’augmenter la diplomation.

Recommandation 9 : Collaboration université – société amplifiée et adaptée aux besoins en évolution

Les personnes chargées de cours sont les principaux agents de liaisons entre les formations et les milieux professionnels. Elles devraient ainsi devenir des incontournables dans l’établissement des programmes. Trop souvent, elles sont exclues de ces décisions.

Recommandation 10 : Mécanisme de liaison université-société

Nous considérons que les universités ont leur rôle dans la formation continue. Toutefois, la multiplication des formations non créditées ne semble pas la voie à suivre. Nous considérons que, dans la mesure du possible, nous devons aiguiller la formation continue vers des cours crédités, qui sont une meilleure garantie de la qualité de l’enseignement.