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L’avez-vous remarqué? Ni l’UQO ni le SCCC-UQO n’utilisent l’expression « formation à distance » (FAD) pour décrire l’offre de cours de l’hiver et de l’été 2020. L’idée d’utiliser l’expression « enseignement en mode non présentiel » (EMNP) n’est pas qu’un débat d’ordre sémantique. Elle relève plutôt de différences fondamentales, bien qu’elles aient en commun de ne pas se faire en présentiel.

À l’UQO, l’EMNP est un compromis temporaire pour maintenir la continuité pédagogique. Au trimestre d’hiver 2020, il fallait s’assurer que les étudiantes et les étudiants, qui avaient majoritairement complété environ les deux tiers des cours, puissent terminer leurs activités. À ce moment-là, l’Association générale étudiante (AGE), les syndicats et l’Université avaient convenu d’une méthode juste pour permettre aux étudiantes et aux étudiants de finir leur trimestre.

Pour le trimestre d’été, l’EMNP a, encore une fois, été un compromis afin que les étudiantes et les étudiants puissent poursuivre leur parcours. Mentionnons que le monde universitaire est rendu très concurrentiel et que des universités profitent de la crise pour recruter « une clientèle étudiante ». L’UQO ne pouvait pas rester les bras croisés, tandis que des universités achètent à grands coûts de la publicité pour faire la promotion de leurs formations à distance. Enfin, c’était dans l’intérêt du SCCC-UQO de pouvoir donner de l’emploi à ses membres en mai et en juin. De plus, si l’UQO souhaitait offrir des cours en juillet et en août, nous pensons que plusieurs personnes chargées de cours répondraient présentes!

L’EMNP n’est pas de la FAD

Dans l’urgence, les chargées et les chargés de cours doivent convertir leur enseignement en mode non présentiel. Ils le font selon leurs connaissances, leurs compétences et les ressources qu’ils ont. Malgré qu’ils aient accès à un soutien technopédagogique et à des formations, ils n’ont pas accès aux ressources nécessaires afin de créer une véritable FAD. D’ailleurs, le temps consacré à l’EMNP ne correspond pas à celui de la FAD. Le résultat sera des cours plus artisanaux et moins aboutis que s’ils avaient été conçus en mode FAD. Pour l’instant, l’important est que les étudiantes et les étudiants remplissent les exigences des cours.

Il y aura probablement un jour de la véritable FAD à l’UQO, notamment selon le mode hybride. Toutefois, la FAD devra être conventionnée, bien encadrée et bien rémunérée. Elle devra être effectuée dans le respect de la mission éducative de l’UQO : démocratiser l’enseignement supérieur dans les Laurentides et en Outaouais. Elle devra offrir le meilleur encadrement possible pour les étudiantes et les étudiants. Elle ne devra pas se déployer pour faire des économies ou pour pallier la pénurie de locaux. Enfin, elle ne devra jamais remplacer l’enseignement en présentiel. Le SCCC-UQO sera là pour s’assurer que la FAD se développe pour de bonnes raisons et dans de bonnes conditions.

Pour toutes ces raisons, l’EMNP fait l’objet de lettres d’entente entre le SCCC-UQO et l’UQO ainsi qu’entre le Syndicat des professeures et professeurs (SPUQO) et l’UQO. Il est clair que ces lettres d’entente ne créent pas un précédent et le compromis actuel ne devra jamais être une base de négociation pour le développement de la FAD à l’UQO.