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La mauvaise gestion du plagiat à l’UQO franchit un nouveau seuil préoccupant. Sous couvert de respecter la présomption d’innocence [sic], l’administration impose désormais aux personnes enseignantes d’évaluer, de noter et de commenter des travaux faisant pourtant l’objet d’une dénonciation formelle au comité de discipline.

Cette position, confirmée par le Vice-rectorat à l’enseignement et à la réussite, soulève un problème fondamental : elle nie la réalité même du travail pédagogique.

Évaluer, ce n’est pas simplement attribuer une note. C’est porter un jugement académique sur la qualité, l’originalité et la maîtrise des connaissances. Or, lorsque des indices sérieux de plagiat existent, exiger une évaluation « comme si de rien n’était » revient à vider cet exercice de son sens.

L’UQO invoque la présomption d’innocence [sic]. Mais ce principe ne peut être détourné pour contraindre les personnes enseignantes à suspendre leur jugement professionnel. Il ne s’agit pas ici de déclarer une personne « coupable », mais bien de reconnaître qu’un doute sérieux existe quant à l’authenticité du travail soumis. Faire abstraction de ce doute dans l’évaluation revient à imposer une fiction. D’ailleurs, au Canada, la présomption d’innocence ne s’applique qu’au droit criminel. Dans le cas de plagiat, c’est davantage une perspective de prépondérance de preuves qui devrait s’appliquer. Si l’Université confond ces deux concepts fondamentaux, nous comprenons mieux sa mauvaise gestion de la fraude universitaire.

La contradiction institutionnelle est évidente. D’un côté, l’UQO affirme vouloir lutter contre le plagiat et protéger l’intégrité académique. De l’autre, elle oblige à traiter des travaux potentiellement frauduleux comme s’ils étaient pleinement valides tant que le processus disciplinaire n’est pas complété.

Cette approche a des conséquences lourdes. Elle mine la crédibilité de l’évaluation, brouille les repères pédagogiques et envoie un signal ambigu à la communauté étudiante. Elle contribue également à transférer sur les personnes enseignantes le poids d’une incohérence institutionnelle : documenter des cas de fraude tout en produisant des évaluations dont la validité est compromise.

Si la Doyenne souhaite donner des rétroactions aux étudiantes ou aux étudiants soupçonnés de fraude, elle n’a qu’à accélérer le processus disciplinaire! 

Notons que cette décision fait suite à plusieurs autres dont la modalité des examens pour les cours à distance ainsi que la libre circulation des étudiantes et des étudiants pendant l’examen. Il semble malheureusement que la direction de l’UQO soit de plus en plus déconnectée de la réalité du terrain!