Le recul de la liberté académique s’observe aux États-Unis. Il menace aussi le Québec. On a raison de se désoler de la détérioration radicale de la liberté académique aux États-Unis. Romain Chauvet rapportait le 11 février dans Le Devoir que le climat universitaire américain est devenu étouffant au point d’amener des universitaires de premier plan à s’exiler vers d’autres pays. Cet exode affaiblit le système universitaire américain et laisse craindre un recul des capacités d’innovation. Il faudra des années aux universités américaines pour se remettre du retard infligé par les politiques du gouvernement Trump. Chez nous, le projet de loi 9 sur le renforcement de la laïcité comporte des dispositions ouvrant la porte à des ingérences gouvernementales qui prépareraient le terrain pour des mesures semblables à celles imposées aux universités américaines.
La liberté académique est protégée au Québec. La Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire a été adoptée en 2022 à la suite de la controverse au sujet de l’utilisation de certains mots dans des contextes universitaires. Mais sa portée dépasse largement ces situations plutôt marginales. Cette loi affirme le droit de toute personne « d’exercer librement et sans contrainte doctrinale, idéologique ou morale, telle la censure institutionnelle, une activité par laquelle elle contribue à l’accomplissement de la mission d’un établissement d’enseignement ». L’article 3 précise que « ce droit comprend la liberté : d’enseignement et de discussion ; de recherche, de création et de publication ; d’exprimer son opinion sur la société et sur une institution, y compris l’établissement duquel la personne relève, ainsi que sur toute doctrine, tout dogme ou toute opinion ; de participer librement aux activités d’organisations professionnelles ou d’organisations académiques ». Lire la suite…